Dès le 26 mars, nous avions poussé un coup de gueule en ce début de confinement : à la vitesse de l’éclair, les quartiers populaires, ses immigrés, sa jeunesse, étaient devenus la cible de tous les bons français vs les mauvais.

Sans discernement, un confinement et ses mesures répressives, ne tenant à aucun moment compte des conditions d’existence et du fragile équilibre familial qui s’organise lorsque l’on vit en famille nombreuse dans un F3 ou F4, s’est abattu sur les quartiers des grands ensembles.

Vous pouvez retrouver dans deux articles sociologiques précis et complets à la fois le pourquoi de cet embrasement médiatique et celui de la dégradation insoutenable des conditions de vie particulières de la pauvreté dans les grands ensembles en période de confinement :

Par Thomas Kirszbaum et Renaud Epstein : Epidemie virale et panique morale – les quartiers populaires au temps du Covid-19

Par Pierre Gilbert : Le Covid-19, la guerre et les quartiers populaires

Sans stratégie d’anticipation de nos décideurs publics – ce qui vaut pour le secteur sanitaire vaut également pour le secteur social, c’est à une quintuple peine du confinement à laquelle on assiste pour les familles pauvres : en plus d’être menacées par le virus, l’exiguïté du logement, les tensions familiales, les violences endémiques des policiers qui elles ne datent pas d’hier et mettent le feu aux poudres (afin de désigner clairement une fois de plus qui sont les boucs émissaires ?)[1], c’est aussi tout un éco-système D comme débrouille qui s’est délité et les journaliers, précaires, intérimaires, gains informels qui se sont effondrés sans que les structures sociales en parties confinées elles-aussi ne puissent faire face à tout cet afflux, ce qui laisse planer une ultime menace, plus cruelle encore : la faim des enfants et de leurs parents.

Fort heureusement il existe un truc dont ces quartiers populaires regorgent, c’est de cette humanité sans limite qui prend nom ici de combativité et de solidarité : question de survie, question de fraternité. Dans cette newsletter nous vous proposons de nombreuses plateformes et associations pour soutenir l’action de tous les bénévoles engagés aujourd’hui et demain. Objectif : qu’aux émeutes de la colère légitime ne succèdent pas celles de la faim illégitime !

Dans cet édito nous relayons aussi l’initiative de nos amis du réseau de Démocratie ouverte pour que les citoyens soient maitres à bord du paquebot France dont il faudra bien décider de la relance : avec qui, sur quels critères et comment ? Nous appelons à ce que tous ceux qui ont eu un rôle pour que des quartiers déjà très fragilisés tiennent debout mais aussi que tous les habitants nombreux de ces quartiers à être « le bout de chaine » pour que la société tienne, ne soient pas les éternels oubliés de cette noble aspiration à une participation citoyenne dans les orientations et décisions prises pour eux.

TRIBUNE. #NousLesPremiers : élus, personnalités publiques ou citoyens, ils s’adressent à Emmanuel Macron pour dessiner le « monde d’après »

Pour une société véritablement solidaire, nous appelons donc en particulier à ce que les espérances du « monde d’après la crise » se penchent sur tous les mécanismes de métropolisation / mondialisation qui, dans le Grand Paris ou ailleurs, conduisent inexorablement depuis 70 ans à des formes aussi dramatiques que scandaleuses de ségrégation territoriale et de précarisation des populations pauvres afin de les défaire et induire de nouveaux équilibres résilients, égalitaires et démocratiques.


[1] Voir Laurent Muchielli et Marwan Mohamed : « La police dans les quartiers populaires : un vrai problème ! » https://www.cairn.info/revue-mouvements-2006-2-page-58.htm

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