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Voici le témoignage de Madeleine, en service civique chez Métropop’ ! depuis janvier. Confinée dans une cité de Saint-Denis, Elle nous livre son ressenti sur cette nouvelle quotidienneté, sur ce qu’elle voit de sa fenêtre, mais aussi de ce qu’elle lit dans les journaux et de ce qu’elle voit à la télé sur son quartier, sur ses voisins.

 » Être confinée en banlieue, c’est différent d’autres endroits : pas de jardins, pas de balcons. Quand j’ouvre ma fenêtre, ce sont des bâtiments à perte de vue que je vois. Ce n’est pas le plus agréable, mais c’est le prix à payer pour le bien commun. Mes journées se ressemblent toutes, elles sont donc difficiles à résumer… tourner en rond dans la maison à la recherche d’occupations, profiter du soleil à travers la fenêtre, le tour est vite fait.

Ce qui ne se fait pas prier c’est la présence policière, encore plus présente que d’habitude : une voiture qui se fait arrêter parmi 5 au feu rouge, des altercations entre jeunes et policier, des contrôles à répétition. Bien que certains ne respectent pas cette obligation de confinement est-il bien pertinent et pédagogique de répondre par la violence ? 

Ces derniers jours je vois des articles qui viennent nourrir le mythe de l’incivisme des banlieues, des vidéos des excès commis par les forces de l’ordre dans ces quartiers et ceux à forte concentration d’immigrés.

Je vois des articles et vidéo dénonçant le non-respect du confinement dans des quartiers ciblés, tels que Château Rouge, ou ceux de la Seine-Saint-Denis. Ces vidéos sont utilisées afin de justifier et répandre des discours racistes

Ces endroits ne sont pas choisis par hasard car ce non-respect du confinement n’est pas propre à la banlieue. Mais l’indulgence, elle, diffère en fonction du lieu de résidence et des personnes. Et je trouve ça triste, malgré la crise sanitaire à laquelle nous faisons face aujourd’hui, qu’une partie de la population en profite pour déverser sa haine et non pas pour s’unir. « 

En ce moment, une parodie de Claude François tirée de son titre « Y a le printemps qui chante » circule sur les réseaux sociaux pour dire « Reste à la maison »…

Nous, après une semaine de confinement impossible dans certaines conditions de vies, on a plutôt envie de parodier son tube « Comme d’habitude » :

Comme d’habitude, des élus de tous poils vont pointer du doigt les fauteurs de trouble, leur incivisme, leur irresponsabilité, leur antipatriotisme ;

Comme d’habitude, certains médias vont se repaître de ces images de vilains petits canards traficoteurs et de leurs familles, mal éduqués, mal intégrés, au pied de leur cité ;

Comme d’habitude, on oubliera l’inégalité sociale, la promiscuité du logement, le chômage massif et les effets de 40 ans de discrimination ethnique et territoriale

Comme d’habitude, on ne parlera pas de tous ceux dans ces quartiers qui font partie de ceux qu’on présente comme des héros parce qu’ils assurent encore le fonctionnement du pays quand d’autres télétravaillent, de ceux qui ont des gestes de solidarité inouïs et comment la solidarité s’organise escalier par escalier, et surtout de ceux qui font le maximum dans des conditions parfois dramatiques pour préserver leur famille de l’épidémie et occuper leurs enfants sans ressources scolaires

C’est pourquoi nous relayons l’appel de PAS SANS NOUS dans Médiapart que nous soutenons.

C’est pourquoi nous vous proposons plusieurs informations et outils pour contribuer à aider les habitants des quartiers qui manquent d’information et de relais (les centres sociaux et associations de proximité ont dû souvent eux aussi fermer) à se protéger et à agir, partagez-les !

C’est pourquoi nous avons proposé à Madeleine Service civique à Métropop’! qui vit dans une cité populaire de St Denis de témoigner de son expérience.. (à lire ici)

Les habitants des quartiers populaires ne sont ni des irresponsables, ni des inconscients, ni des traitres à la Nation, ils font avec, comme nous tous et comme ils peuvent : les boucs-émissaires en période de crise c’est trop facile et on sait où çà mène !

On ne gueule pas souvent à Métropop’ ! mais là c’est de notre responsabilité que de dire stop le banlieue-bashing, soyons solidaires avec les habitants des quartiers populaires !!

Merci de diffuser cet appel à la solidarité si vous le partagez.

Le Conseil d’administration de Métropop’ !

Depuis le mois d’octobre on s’attaque aux perspectives d’emploi et d’activité dans le Grand Paris  pour les jeunes des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis avec notre équipe du bureau d’étude éphémère des Quatre Chemins à Aubervilliers et Pantin (8 jeunes en service civique issus de ces 2 villes). Avant de vous présenter nos résultats notre enquête […]